Les ministres McAuley et Champagne ne livrent pas la marchandise

Le Conseil des industriels laitiers du Québec reçoit avec une énorme déception les deux annonces du gouvernement fédéral, sur l’allocation des contingents tarifaires et sur le  Fonds d’investissement, en prévision de l’entrée en vigueur de l’Accord économique et commercial globale (AECG) entre le Canada et l’Union européenne.  Il est clair que les Ministres McAuley et Champagne n’ont pas pris en compte les recommandations émises à plusieurs reprises par les divers acteurs du secteur laitier canadien, dont le CILQ.

Le Conseil avait pourtant affirmé plus d’une fois que «La mise en œuvre d’un programme de soutien plus ciblé sur le secteur fromager canadien et l’attribution des contingents tarifaires de fromages aux fabricants de fromages sont les premiers outils essentiels à mettre en œuvre pour assurer l’adaptation de ce secteur au nouvel environnement créé par l’AECG tout en assurant sa pérennité ainsi que sa croissance future.»

Or, en attribuant 50 % des quotas d’importation aux distributeurs et détaillants, le gouvernement pénalise doublement les fabricants de fromage puisque non seulement ils perdront des ventes liées à leur production locale mais ne pourront pas compenser ces pertes par l’ajout de nouveaux produits importés à leur offre de produits. Les détaillants et distributeurs gagnent ainsi un marché pour lequel ils n’ont en rien contribué.

De plus, plusieurs points restent à éclaircir dans ce programme : Pourquoi, entre autres, les fromagers sont-ils exclus du mécanisme de réattribution des contingents non utilisés ? Comment sera calculée la part de marché d’une entreprise qui donne droit à un contingent ?

Quant au Fonds d’investissement, le Conseil est là encore étonné que le programme s’adresse à l’ensemble des transformateurs laitiers, et cible en exemple des activités de séchage de lait, alors que c’est le secteur de la fabrication fromagère qui souffrira de l’entrée en vigueur de cet accord. Pourtant, dès l’annonce du Ministre en novembre dernier, le CILQ avait manifesté ses réserves sur les orientations dévoilées.

De plus, le ratio de partage des coûts est faible (de 50 % à 25 % d’apport du Fonds) et aura des impacts peu signifiants sur les décisions des entreprises de rechercher des solutions innovantes et performantes pour faire face à la nouvelle concurrence.

Le CILQ déplore qu’on n’ait pas pris en compte l’aspect du développement régional, auquel contribuent activement les entreprises fromagères québécoises et craint pour l’avenir de cette industrie si on ne lui donne pas les outils nécessaires pour assurer sa pérennité.